2025, l'année d'une Savonnière : entre rires, larmes et savons

2025, l'année d'une Savonnière : entre rires, larmes et savons

2025, l'année d'une Savonnière : entre rires, larmes et savons

Janvier 2025 : Retour à la terre

Après 10 jours de coupure totale hors de la maison, j'ai eu besoin de retourner à l'atelier. C'est bizarre, mais l'odeur des savons naturels et la douceur de la savonnerie me manquaient. C'est mon lieu, ma bulle. En janvier, on dit souvent que c'est calme, mais pour moi, c'est le moment où je remets tout à plat. C'est aussi là que je me rappelle pourquoi je me bats pour rester indépendante. Non, je n'ai pas de conjoint derrière pour "m'entretenir". Je gère tout, toute seule, et même si c'est dur, c'est ma liberté.

Le Printemps : Moins de nouveautés, plus de beauté

Cette année2025, j'ai décidé de ne pas courir après de nouvelles recettes. À quoi bon ? Au printemps, j'ai préféré reprendre mes classiques. Je les ai peaufinés, je les ai rendus plus beaux, plus gourmands. Et vos retours m'ont donné raison : vous avez adoré. Parfois, progresser, c'est juste faire encore mieux ce qu'on sait déjà faire.

Le coup de mou (et l'envie de devenir plombière)

Il y a eu ce jour où tout a basculé. 29 kg de savon à la poubelle. Quand tu es à bout de nerfs, que tu produis tout en préparant les marchés, l'erreur ne pardonne pas. Sur le coup, j'ai eu envie de tout plaquer. Je me suis dit : "Et si je devenais plombière, comme mon amie ?". C'était une idée fixe. Et puis, j'ai fait ce que je fais toujours : j'ai mis la musique à fond, j'ai dansé dans l'atelier, et c'est reparti. On pleure un bon coup, on râle contre la paperasse et la compta (ma phobie !), et on recommence.

L’été : La traque de la brise

Je l'ai déjà dit : je suis une fille du froid. Les 35 degrés, c'est une épreuve pour moi et pour mes savons. Je me souviens d'une nuit de canicule où une petite brise s'est engouffrée par la fenêtre de ma chambre. Ce frisson m'a réveillée d'un coup. J'ai couru dans l'atelier pour tout ouvrir en grand, portes et fenêtres. C’était une course contre le soleil. Grâce à ce courant d'air nocturne, j'ai pu gagner quelques heures de fraîcheur et travailler le lendemain jusqu’à 13h avant que la chaleur n'étouffe tout. On s'adapte, on ruse avec les éléments.

Le combat : Rester là quand la mode passera

On me demande souvent pourquoi je refuse certaines opportunités. Le marché du savon est devenu "à la mode", et je vois débarquer des boîtes tenues par des commerciaux ultra-motivés qui dévorent tout sur leur passage.
C'est ça, les "géants des mers". Je sais qu'ils partiront sur un autre projet dès que la mode sera finie, mais en attendant, ils font mal aux petites savonnerie artisanale comme la mienne. Tenir bon, c'est aussi refuser de jouer leur jeu. Je ne suis pas une commerciale, je suis savonnière. C'est mon métier, pas un "coup" financier.

Le bilan : Fier du chemin parcouru

Si je devais parler à la savonnière de l'automne dernier, celle qui pestait devant ses 29 kg de production perdus et qui voulait devenir plombière, je lui dirais juste : "Regarde, on s'en est bien tirées." Le stress, la fatigue, les larmes... tout ça fait partie du voyage. Finalement, 2025 a été une belle année. Je finis décembre épuisée, mais fière. Fier d'être restée libre, d'être restée moi-même.


2026, j'arrive, et je suis encore plus motivée qu'avant.